Résultats PSDRF !
Depuis 2008, un Protocole de suivi dendrométrique des réserves forestières (PSDRF) a été mis en place sur le territoire de la Réserve naturelle nationale de la Haute Chaîne du Jura en partenariat avec l’ONF (l’Office national des forêts). Le deuxième cycle de mesures avait fait l’objet d’une précédente newsletter. En 2024, c’est le troisième cycle de mesures qui a eu lieu, dont voici les résultats.
Sans grande surprise, le changement climatique et la crise sanitaire du scolyte qui en découle commencent à avoir un impact significatif sur les forêts. La part d’épicéa a diminué à toutes les altitudes, alors que la part de sapin a diminué sous 1000 mètres d’altitude mais augmente au-delà. Ces deux essences sont en train de remonter en altitude, tandis que la part de feuillus augmente partout, notamment pour le hêtre et les érables. Ainsi, la structure forestière feuillue est en voie de vieillissement, avec l’augmentation des volumes contenus dans les gros bois, alors qu’à l’inverse la structure résineuse est en train de perdre ses gros bois, du fait de l’exploitation et de la mortalité, indiquant un rajeunissement.
Du fait de la forte mortalité des épicéas, le volume de bois mort a doublé depuis 2015, passant au-delà de 50 m3/ha, ce qui est la valeur minimale recommandée pour des forêts dites « naturelles ». Bien que cette mortalité ait un impact négatif sur la filière sylvicole, elle est en revanche favorable à la biodiversité, de nombreuses espèces dépendant du bois mort en forêt pour réaliser tout ou partie de leur cycle de vie.



La régénération (semis et arbres inférieurs à 7,5 cm de diamètre) est largement dominée par les feuillus, néanmoins le sapin et l’épicéa restent toujours présents dans toutes les classes de régénération. Il y a pour l’instant un déficit de semis passant à la futaie (arbre supérieur à 17,5 cm de diamètre) sans que ce soit expliqué, cela pourrait être dû aux conditions climatiques, à la compétition entre les semis et/ou à une pression des ongulés sauvages selon les secteurs. Néanmoins, le nombre de semis ayant augmenté depuis les derniers cycles, le manque de passage à la futaie devrait être comblé d’ici le prochain cycle.
En résumé, la forêt a entamé une évolution profonde. Les résineux subissent pour l’instant une forte mortalité, car ils ne sont plus adaptés aux nouvelles conditions climatiques, mais ils ne vont pas pour autant disparaître totalement. Ils subsisteront toujours en altitude et seront remplacés par les feuillus à basse et moyenne altitude. Bien que pouvant paraître choquante, il faut surtout retenir que cette mortalité n’est qu’un stade passager, le cycle de vie et de renouvellement de la forêt étant sur un pas de temps beaucoup plus long qu’une vie humaine.
Le rapport de l’Observatoire Forestier des Montagnes de l’Ain par l’ONF et le cahier d’analyse automatisé par RNF sont disponibles ci-dessous
https://www.rnn-hautechainedujura.fr/composants/uploads/2026/10/rapport_ofma_rnn_2024_v2.pdf
https://www.rnn-hautechainedujura.fr/composants/uploads/2026/10/carnet_Haute_chaine_du_Jura_NA.pdf
